Communion
Avant toute démarche, une vie est déjà partagée.
Elle ne commence pas avec le regard que l’on porte sur elle, ni avec les mots que l’on tente d’y mettre.
Elle est donnée, reçue dans la foi chrétienne comme une réalité plus vaste que l’expérience immédiate, plus ancienne que toute adhésion personnelle.
Cette communion précède les accords visibles et demeure au-delà de leurs failles.
Elle ne se laisse pas saisir comme un état stable, ni réduire à ce qui se voit.
Elle est là, discrètement, comme une présence qui n’attend pas d’être justifiée.

Parler de communion dans le Corps du Christ, ce n’est pas désigner un lien abstrait, ni une proximité affective.
C’est reconnaître une participation à une même vie, reçue de Dieu, et qui ne se fragmente pas selon les limites humaines.
Le Corps du Christ n’est pas une image destinée à expliquer.
Il ouvre un espace de reconnaissance : celui d’une unité voulue par Dieu, où chacun existe en relation, sans se confondre, sans se suffire à soi-même.
Cette unité demeure, même lorsque ses signes sont altérés, même lorsqu’elle apparaît blessée.
La communion ne se mesure pas à son intensité ressentie ni à sa cohérence apparente.
Elle tient à une source qui la fonde et la maintient.
Elle est confessée avant d’être comprise, et parfois comprise seulement dans le fait d’y demeurer.
Il n’y a rien à conclure. La communion n’appelle ni résolution ni réponse formulée. Elle reste comme un lieu intérieur, ouvert, où l’on peut simplement rester, sans chercher à en faire le tour.
Elle est là, offerte.
